Dans cet article
La séparation est un sujet au cœur de notre accueil en crèche, auquel parents et enfants sont confrontés chaque jour. Chaque matin, une séparation a lieu : celle de l’enfant et de son parent qui l’accompagne à la micro-crèche pour l’y laisser pour la journée.
Se séparer : ce que ça implique
Un enfant qui n’a jamais été gardé en dehors de la maison connaît sa première véritable séparation lors de l’accueil à la micro-crèche. Cette séparation n’est pas anodine, ni pour le parent, ni pour l’enfant.
Pour le parent, c’est confier son enfant à d’autres personnes qu’il ne connaît pas — par choix ou par obligation (la reprise du travail). Pas évident, surtout si c’est la toute première fois et que l’enfant est encore un nourrisson. Pour l’enfant, se retrouver avec des visages inconnus, dans un lieu qui n’est pas familier, avec des odeurs et un environnement parfois bruyant : tout est nouveau, et s’y adapter peut prendre du temps.
Les réactions à la séparation
En général, les nourrissons ne réagissent pas à la séparation, sauf s’ils ressentent de fortes angoisses venant du parent. Dès lors que ses besoins vitaux sont respectés, le nourrisson s’adapte facilement aux professionnels.
« L’angoisse du 8e mois »
Il existe une période, généralement entre 7 et 9 mois, pendant laquelle le bébé peut se mettre à réagir à chaque séparation, alors qu’il ne le faisait pas avant. C’est ce que René Spitz a théorisé sous le nom d’« angoisse du 8e mois » : une maturation du cerveau amène l’enfant à prendre conscience de l’autre, et donc des séparations. Quand un objet ou une personne disparaît de son champ de vision, cela signifie pour lui qu’elle n’existe plus — d’où son angoisse. Il commence aussi à distinguer le familier de l’inconnu, et peut pleurer face à de nouveaux visages, même s’il était plutôt « sociable » avant.
Cette période coïncide souvent avec une intense acquisition motrice (station assise), ce qui explique davantage de pleurs et de changements de rythme de sommeil. Si possible, mieux vaut éviter d’autres changements à ce moment-là.
Chacun réagit différemment : certains enfants sereins n’ont aucune difficulté à se séparer, d’autres, moins sécures, marquent la séparation par des pleurs impressionnants. Un enfant qui ne marque pas (ou plus) la séparation ne veut pas dire qu’il ne la marquera pas plus tard : il y a parfois des retours en arrière, et cela dépend aussi des jours — comme chez l’adulte.
Pas de panique : cela ne signifie pas que l’enfant est traumatisé ou malheureux. Ce temps de pleurs ne dure jamais bien longtemps, et l’enfant profite ensuite de sa journée. Plus l’enfant sent que son parent a du mal à le quitter, plus il risque de marquer la séparation — il arrive même qu’un enfant pleure « pour faire plaisir » à son parent, comme pour le rassurer lui-même.
Comment accompagner les séparations
Avant de venir à la crèche
Sur le trajet ou à la maison, prévenez votre enfant qu’il va aller à la crèche pour la journée, et pourquoi. Aborder la séparation de manière positive l’aide à être rassuré : parlez-lui aussi des personnes et enfants qu’il va retrouver. Le principal, c’est de verbaliser.
Au moment de la séparation
Dire au revoir
L’enfant comprend très bien ce qu’on lui dit, même sans en saisir tous les mots. Expliquez-lui qu’on le laisse mais qu’on reviendra.
Ne pas revenir une fois parti
Cela n’aide pas l’enfant à comprendre le départ : il peut penser que pleurer plus fort fera revenir son parent.
Accepter que l’enfant pleure
C’est un de ses seuls moyens de s’exprimer face à ce désaccord. Rassurez-vous : cela ne dure jamais très longtemps.
Un temps ni trop court, ni trop long
Prendre le temps de se séparer (entrer dans la pièce, faire un petit jeu) sans trop s’attarder, au risque que l’enfant pense que le parent va rester toute la journée.
Par le biais des jeux
Coucou-caché
Les jouets de « caché / coucou » permettent à l’enfant de voir que si quelque chose disparaît, cela revient. L’adulte qui se cache derrière un tissu ou ses mains, puis réapparaît en « coucou, me voilà », fait beaucoup rire les enfants et les aide à prendre conscience de la disparition et de la réapparition. N’hésitez pas à jouer à « je pars — je reviens » : c’est une excellente préparation aux séparations.
Si l’on devait conclure en ne gardant qu’une idée : soyez sereins, et votre enfant le sera !
Questions fréquentes
Qu’est-ce que l’angoisse du 8e mois ?
C’est une période, entre 7 et 9 mois, où le bébé prend conscience de l’existence de l’autre et donc des séparations. Théorisée par René Spitz, elle correspond à une maturation du cerveau : quand un objet ou une personne disparaît de son champ de vision, l’enfant croit qu’elle a disparu pour toujours, d’où son angoisse.
Faut-il revenir si mon enfant pleure après le départ ?
Non, il est préférable de ne pas revenir une fois le au revoir dit, même si l’enfant pleure. Revenir peut lui faire croire que pleurer plus fort fait revenir le parent, ce qui n’aide pas à comprendre et accepter le départ.
Pourquoi mon enfant ne pleure plus à la séparation alors qu’il pleurait avant ?
Un enfant qui ne marque plus la séparation ne veut pas dire qu’il ne la marquera pas de nouveau plus tard. Il y a parfois des retours en arrière, et cela peut aussi dépendre des jours, comme chez l’adulte.
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