La liberté motrice

Développement de l’enfant Mis à jour le 30 juillet 2026 · Lecture : 8 min

La liberté motrice consiste à laisser libre cours à tous les mouvements spontanés de l’enfant, sans lui enseigner quelque mouvement que ce soit et sans le mettre dans une posture qu’il n’a pas acquise de lui-même. C’est un sujet qu’il nous paraît important de mettre en avant, car nous constatons que beaucoup de familles se questionnent sur le développement moteur de l’enfant et l’acquisition de la marche.

La plupart des familles ignorent encore que le trotteur, cet objet qui fait « marcher » l’enfant, n’est pas forcément une aide dans cette acquisition et, pire encore, qu’il est néfaste pour le développement de l’enfant et son équilibre futur.

Le trotteur… pour ou contre ?

Le « youpala », ce trotteur, sorte de déambulateur pour faire marcher l’enfant, est un sujet peu abordé entre parents et professionnels. Tout le monde n’a pas la même vision de cet objet, alors penchons-nous sur ses avantages et ses inconvénients.

Le trotteur, c’est rigolo pour l’enfant, qui parfois en a marre de rester en position assise. Les parents veulent accélérer son apprentissage de la marche pour qu’il puisse se déplacer rapidement de lui-même. L’enfant y prend un tel plaisir que les adultes ont tendance à lui en proposer beaucoup. Objet pratique, source de plaisir pour l’enfant… mais est-il vraiment bon pour lui ?

La réponse est NON

Il est fortement déconseillé par l’Alliance européenne pour la sécurité de l’enfant, et même interdit au Canada depuis plusieurs années.

Chutes fréquentes — Le trotteur est à l’origine de nombreuses chutes (80% des accidents), notamment dans les escaliers non protégés par une barrière fermée.
Chocs — L’enfant fonce dans les murs, les meubles, etc. Il n’a pas la maîtrise de l’arrêt.
Accès à des objets dangereux — Le trotteur permet plus facilement à l’enfant d’attraper des objets dangereux sur une table, un canapé, un fauteuil — ce qui lui est impossible s’il se déplace à quatre pattes.
Ne favorise pas la marche — Le petit enfant s’y déplace de façon artificielle, sans tester son équilibre, puisqu’il est maintenu droit dans un harnais.
Retarde le schéma corporel — Ne voyant pas son corps en entier, ses jambes étant cachées sous la tablette, il met plus de temps à l’intégrer.
Déformations possibles — Le déplacement permanent sur la pointe des pieds peut entraîner, à la longue, des déformations des pieds, des jambes, des hanches et de la colonne vertébrale, l’enfant n’ayant pas forcément encore le tonus musculaire suffisant.

Le trotteur n’est donc pas nécessaire pour aider l’enfant à marcher, et apparaît au contraire comme dangereux et néfaste pour son développement. Alors, comment favoriser le développement moteur de l’enfant et l’acquisition de la marche ? Le développement spontané et la « motricité libre » restent les meilleurs moyens d’assurer un développement respectueux de l’enfant, une stabilité et un équilibre futur.

La motricité libre, c’est quoi ?

Emmi Pikler et la pédagogie Loczy

C’est un principe développé et mis en avant dans la pédagogie « Loczy » par Emmi Pikler, pédiatre hongroise, dans les années 1950. Elle a beaucoup observé les bébés dans la pouponnière où elle travaillait. Ce qu’il ressort de ses observations : le développement moteur de l’enfant s’acquiert naturellement, et les différentes positions inhérentes à ce développement apparaissent dans un ordre chronologique. Chacun, à son rythme, passe par différentes postures avant de pouvoir se relever et marcher.

Les enfants sont « programmés » pour marcher : ils n’ont pas besoin d’aide pour cela. Certains prennent plus de temps pour être suffisamment sereins et se lancer. D’autres, plus moteurs, se mettent rapidement debout d’eux-mêmes et se lancent dans l’aventure de la marche rapidement. Chacun son rythme : il n’y a pas d’âge pour commencer à marcher. Il est très important de respecter ce rythme. Il ne s’agit pas de compétition, et il n’est pas question de « retard » si un enfant marche à 15 ou 16 mois — sauf dans des cas de vrais retards moteurs, qui sont identifiés rapidement.

Les bienfaits d’une liberté motrice

L’enfant se prépare à toutes les postures successives pour trouver enfin la position assise puis debout. Il les découvre de lui-même, à partir de sa maturation neurologique et au gré de ses intérêts et de son désir d’expérimenter un nouveau mouvement. Les enfants libres de leurs mouvements acquièrent ainsi :

Une grande aisance corporelle De la prudence Un sentiment de compétence Un esprit d’initiative De la curiosité De la persévérance

Bref, cet apprentissage en autonomie développe leur intelligence et contribue au renforcement de leur estime de soi. Alors, laissons les bébés trouver d’eux-mêmes les positions, laissons-leur le temps de découvrir leur corps et ses capacités !

Comment l’accompagner dans son développement moteur ?

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À la micro-crèche, le bébé est installé sur le dos, sur des tapis (durs ou plus mous comme les tapis d’éveil).

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Des jeux sont proposés et disposés à côté de lui, afin de solliciter son regard, et pourquoi pas sa main pour l’attraper.

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Cela permet à l’enfant de découvrir de lui-même comment se retourner, puis se mettre sur le ventre et commencer à se relever pour arriver sur les genoux. À partir de là, les premiers déplacements à quatre pattes peuvent se faire, et le reste suit.

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Le mobilier lui permet, une fois l’enfant debout, de pouvoir s’accrocher aux meubles, à une barre de motricité, à l’adulte.

Il ne s’agit pas de laisser l’enfant explorer le monde tout seul. Nous veillons avant tout à sa sécurité, mais nous l’accompagnons par des regards, des sourires, des paroles, des encouragements, ou parfois des gestes. Cette présence attentive et attentionnée permet à l’enfant de développer un sentiment de sécurité et de confiance. Serein, il s’essaye alors à diverses expériences motrices. Les encouragements de l’adulte sont toujours les bienvenus, car ils incitent l’enfant à recommencer encore et encore.

Et à la maison ?

Le mobilier n’est pas forcément adapté aux bébés, mais pas de panique : vous n’avez pas besoin de grand-chose pour favoriser cette motricité libre — une couverture ou un tapis, des coussins, des jouets, et vous voilà équipés ! Il s’agit simplement de veiller à ce que l’espace soit sécurisé lorsque l’enfant commence à se déplacer.

L’essentiel à retenir est de ne pas mettre son bébé dans une position qu’il ne sait pas déjà prendre par lui-même (la position assise, par exemple, si elle n’a pas été trouvée par l’enfant lui-même, peut être un frein à son développement).

Questions fréquentes

Le trotteur (youpala) est-il dangereux pour bébé ?

Oui. Il est à l’origine de nombreuses chutes (80% des accidents liés à cet objet), peut provoquer des chocs, facilite l’accès à des objets dangereux, ne favorise pas la marche et peut entraîner des déformations des pieds, jambes, hanches ou de la colonne vertébrale. Il est déconseillé par l’Alliance européenne pour la sécurité de l’enfant et interdit au Canada.

Qu’est-ce que la motricité libre ?

C’est un principe développé par la pédiatre hongroise Emmi Pikler dans les années 1950, selon lequel le développement moteur de l’enfant s’acquiert naturellement, dans un ordre chronologique, sans qu’on lui enseigne de mouvement ni qu’on le mette dans une posture qu’il n’a pas acquise seul.

Faut-il asseoir un bébé qui ne tient pas encore assis seul ?

Non, il est déconseillé de mettre un bébé dans une position qu’il ne sait pas encore prendre seul, comme la position assise, car cela peut être un frein à son développement moteur naturel.

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