Le parcours moteur avec des tables !

Activités Mis à jour le 27 juillet 2026 · Lecture : 8 min

Cela peut paraître surprenant la première fois que l’on raconte aux parents que nous avons proposé un parcours moteur… avec des tables !

« Mais, vous les laissez monter sur les tables ? Ne vont-ils pas faire la même chose à la maison ? »

Pour répondre : si nous les laissons monter sur les tables, c’est dans un cadre précis, lors d’un temps donné, avec des consignes et un aménagement spécifique. Les enfants comprennent cette différence, à force d’explications et de répétitions : ils ont le droit de monter sur les tables à la crèche lorsque c’est un temps de parcours moteur, et interdiction en dehors de ces moments, car ce n’est alors pas sécurisé (pas de tapis, pas d’adulte à côté).

Bonne nouvelle : les enfants ne montent pas plus sur les tables à la maison parce que nous le leur proposons à la crèche. Au contraire, dès qu’ils marchent bien, les enfants grimpent partout — ils expérimentent leurs capacités motrices sans savoir encore ce qui est permis ou non. Plus on le leur interdit, plus ils insistent, précisément là où cela suscite une réaction.

Pourquoi ce n’est pas pertinent d’interdire l’escalade sur les tables

« L’enfant ne souhaite pas escalader, il a besoin d’escalader, il est littéralement programmé pour escalader. […] Pour aiguiser son sens de l’équilibre et peaufiner ses fonctions motrices, un enfant a besoin de confronter son corps à des situations parfois périlleuses. »

— Héloïse Junier, psychologue en crèche et formatrice, Les Pros de la Petite Enfance

Laisser à disposition d’un enfant une table à sa hauteur et lui interdire d’y monter revient un peu à déposer un grand verre d’eau devant une personne assoiffée, en lui interdisant d’y toucher.

Notre projet pédagogique met en avant la motricité libre : laisser l’enfant faire seul ses découvertes motrices, sans le porter pour le hisser plus haut. L’adulte n’intervient que pour assurer sa sécurité.

Ce que les tables permettent d’expérimenter

Grimper

Pour le petit enfant, la table est haute, même à sa hauteur. Nous ne le mettons jamais debout dessus : c’est à lui d’apprendre à y monter, comme pour un toboggan ou un vélo. Chaque enfant développe sa propre stratégie — un bloc moteur pour se faire une marche, une jambe levée haut, ou un objet trouvé pour s’aider.

Quel bonheur et quelle fierté lorsqu’il réussit, pour la première fois, à monter seul ! Tester différentes hauteurs tôt permet aussi de ne pas en avoir peur.

Prendre de la hauteur, puis sauter

Une fois là-haut, les plus petits avancent un peu et redescendent ; les plus grands vont jusqu’au bout avant de se jeter et sauter. Un adulte est toujours présent, mais nous évitons de donner la main pour descendre : un enfant habitué à trouver seul ses postures est prudent et ne tente pas au-delà de ses propres capacités.

Passer en dessous et se cacher

Les tables servent aussi de tunnel : ramper en dessous exerce la motricité et l’attention (impossible de se relever sans se cogner). Avec un grand tissu, elles deviennent une cachette, une cabane — les enfants adorent.

En résumé

Les tables représentent un merveilleux outil pour développer la motricité de l’enfant et multiplier ses expériences. Cela peut surprendre notre regard d’adulte — « une table, ce n’est pas fait pour monter dessus » — mais nous expliquons toujours clairement aux enfants dans quel contexte ils peuvent, ou ne peuvent pas, le faire.

Envie de voir la motricité libre en pratique ?
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