La colère est une émotion qui nous concerne tous, enfants et adultes. Elle représente une réaction physiologique de l’organisme : l’enfant devient rouge, se crispe, tout le corps est en tension. Elle peut s’exprimer par des cris, des pleurs, un enfant qui se roule par terre, jette des objets, se cogne la tête — et cela peut être impressionnant, parfois ressenti comme une agression.
Qu’exprime la colère ?
La colère fait toujours suite à un mécontentement, une frustration. C’est la confrontation entre le désir de l’enfant et la réalité qui la provoque. L’enfant commence à comprendre les règles de vie et les limites, et prend conscience qu’il n’est pas tout-puissant — et cela le dérange, alors il l’exprime.
Derrière la colère se cache un besoin d’exprimer un ressenti, et l’attente sous-jacente est une preuve d’affection de la part de l’adulte, pour aider l’enfant à supporter les limites et à se construire.
Comment gérer la colère ?
Il est avant tout important d’essayer de comprendre l’enfant, ce qui a pu le mettre dans un tel état, afin de donner du sens à sa colère. Cela aide aussi à prendre de la distance, à déculpabiliser, et à éviter le sentiment de rejet, d’impuissance ou d’agressivité que la colère peut provoquer chez l’adulte.
Expliquer pourquoi ce « non » a été posé, quelle limite a été mise et pour quelle raison, aide l’enfant à mieux l’accepter. Faire preuve d’empathie et mettre des mots est tout aussi important :
Le contenir
Parfois, il suffit de prendre l’enfant dans ses bras, de le rassurer, pour l’aider à s’apaiser.
Le laisser l’exprimer
D’autres fois, l’enfant a besoin de faire sa colère seul pour se recentrer — il convient de le laisser l’exprimer, tout en restant disponible et en l’accompagnant par des mots.
En gardant notre calme, nous restons « solides » face à l’enfant, et lui permettons de faire sortir l’émotion qui l’envahit.
Comment anticiper ces colères ?
- Anticiper : annoncer les limites et le cadre à l’enfant en avance
- Mettre des mots simples pour le prévenir
- Anticiper et éviter les frustrations évitables (ne pas mettre à sa vue ou sa portée ce qu’il n’a pas le droit de toucher)
- Rester ferme dans sa décision : si nous avons dit « non », ne pas laisser entrevoir un « oui »
- Mettre des mots sur le refus que l’on donne à l’enfant
- Proposer des alternatives à la frustration plutôt que de négocier
Il peut aussi être utile de dévier l’objet de la colère, en transformant par exemple une « corvée » en jeu ou en moment ludique.
En résumé
La colère reste un mode d’expression normal chez l’enfant. Lorsqu’elle devient trop violente ou trop fréquente, il peut être utile d’en rechercher les causes, parfois plus profondes. En instaurant un dialogue entre parents et professionnels, nous pouvons accompagner l’enfant ensemble, en réfléchissant à des pistes de réponse.
Questions fréquentes
Est-ce normal qu’un enfant fasse beaucoup de colères ?
Oui : un enfant qui fait des colères est un enfant qui va plutôt bien, il s’affirme en tant que personne. La colère est une étape naturelle et nécessaire du développement, à condition de ne pas être excessivement violente ou fréquente.
Faut-il céder face à une colère pour la calmer ?
Non, l’enfant n’a pas toujours besoin que ses envies soient satisfaites : il a surtout besoin qu’elles soient reconnues et que ses émotions soient entendues. Rester ferme sur la décision tout en accueillant l’émotion est plus efficace que de céder.
Comment réagir face à une colère en public ?
Garder une attitude calme et bienveillante malgré le regard des autres. Crier davantage sur l’enfant amplifie généralement la situation, alors qu’un calme constant aide la colère à passer plus rapidement.
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Livres pour enfants sur la colère :
- « L’ABébéC de la Petite Enfance », Laurence Rameau, éditions Philippe Duval, mai 2014
- « Au cœur des émotions de l’enfant », Isabelle Filliozat, nouvelles éditions Marabout, janvier 2013, p. 173 à 202