L’alimentation du jeune enfant

Alimentation Mis à jour le 27 juillet 2026 · Lecture : 10 min

Aspects qualitatifs et quantitatifs

À quel âge commencer la diversification alimentaire ?

Santé publique France recommande de ne commencer la diversification qu’à 6 mois révolus, et jamais avant 4 mois révolus — principalement pour limiter les risques d’allergies alimentaires.

À 4 mois, la motricité bucco-linguale (langue et bouche) ne permet au bébé que de sucer et de déglutir automatiquement : sa langue repousse vers l’extérieur tout petit morceau, solide ou pâteux. Ce n’est que vers 4-5 mois qu’il perd ce réflexe pour garder le morceau, puis l’avaler — et seulement entre 7 et 9 mois qu’il pourra le mastiquer.

Les nouveaux aliments introduits ne remplacent pas le lait, qui reste essentiel jusqu’à 1 an en alimentation principale, et jusqu’à 3 ans en alimentation importante.

Par quoi commencer ?

Le bébé a une attirance innée pour le sucré : il est donc préconisé de commencer par une cuillère de compote à la fin d’un biberon, puis 2, 3… Une fois la cuillère bien acceptée, le bébé sera plus ouvert pour essayer le salé : viennent alors les légumes, puis plus tard la viande et le poisson.

Il ne faut pas aller trop vite : prenez le temps de faire découvrir chaque saveur sur plusieurs jours. Le bébé a besoin de temps pour enregistrer une nouvelle découverte (texture, goût, odeur). S’il boude une purée, il ne faut pas renoncer : il faut souvent essayer plusieurs fois avant qu’il apprenne à aimer une nouvelle saveur.

Quelles quantités, à quel âge ?

Ces repères sont à adapter selon l’appétit de chaque enfant — ils servent surtout de point de départ pour l’élaboration des menus.

Protéines (viande, poisson)

8 à 9 mois10 g
9 mois à 1 an20 g
1 à 3 ans30 g

Légumes

8 à 9 mois180 g
10 à 15 mois200 g
Plus de 15 mois220 g
À partir de 2 ans250 g

Féculents (pâtes, riz…)

À partir de 9 mois1/3 du plat
Plus de 18 mois1/3 du plat

Les enfants n’ont pas besoin de féculents avant 8-9 mois. Cette proportion d’un tiers reste ensuite valable toute la vie, y compris à l’âge adulte.

Lait

Jusqu’à 1 an750 ml / jour
1 à 3 ans500 ml / jour

150 ml de lait peuvent être remplacés par :

1 yaourt 60 g de fromage blanc 1 portion de fromage (30 g) 2 petits suisses (30 g)

Le fer, indispensable à la croissance

Le fer se trouve dans le lait infantile, la viande, et les légumes — les légumineuses en particulier. La viande n’est pas la seule source de fer : de nombreux végétaux jouent un rôle capital. Le fer est indispensable à la croissance, aux acquisitions psychomotrices et à la résistance aux infections. Une carence peut entraîner des infections ORL à répétition, et plus tard des problèmes psychomoteurs.

Sucre et gras : bons ou mauvais pour l’enfant ?

Les graisses sont nécessaires au bon fonctionnement des cellules de l’organisme et du cerveau du tout-petit. Dès 9 mois, une cuillère à café d’huile par jour ou une noisette de beurre riche en vitamine A au repas de midi suffit — la même quantité convient jusqu’à 3, 4 ou 5 ans. Jusqu’à 3 ans, l’idéal est un lait de croissance enrichi en oméga 3 ; après 3 ans, le lait de vache demi-écrémé peut être introduit.

En revanche, attention aux viennoiseries et frites, très caloriques sous un faible volume, qui favorisent en excès les maladies cardiovasculaires et les risques d’obésité à l’âge adulte. L’enfant a deux fois plus de papilles qu’un adulte : le goût d’un aliment lui suffit largement, il n’est donc pas nécessaire d’ajouter du sucre dans un yaourt nature, ni du sel dans une purée.

Aspects éducatifs et pédagogiques

Le rythme des repas

Tout petit, le biberon peut être à la demande. Entre 3 et 5 mois, les biberons s’espacent généralement toutes les quatre heures, le temps que la digestion se fasse correctement — comme pour les repas plus tard (matin, midi, goûter, soir). Si un enfant a faim entre deux repas, un fruit (digéré en 30 minutes) permet de tenir jusqu’au repas suivant.

Mon enfant refuse ses légumes : pourquoi ?

L’enfant a une préférence naturelle pour le sucré, et présente une réelle capacité d’autorégulation qui lui permet d’ajuster sa consommation à son besoin énergétique. Le forcer à finir son assiette lui fera manger sans faim, et il perdra progressivement son sentiment de satiété.

Raisons physiologiques

Gêne ou douleur : poussées dentaires, rhume, fatigue.

Raisons psychologiques et affectives

Changements dans la vie familiale : arrivée d’un petit frère, déménagement, séparation.

L’inquiétude des parents autour de l’alimentation se transmet à l’enfant, créant un cercle vicieux de tension. Tant que l’enfant est en bonne santé et ne perd pas de poids, il n’y a pas lieu de s’inquiéter. Accepter qu’il mange peu à un repas désamorce l’atmosphère conflictuelle et les enjeux de pouvoir qui peuvent s’installer.

Entre deux et trois ans, les goûts de l’enfant se précisent et se stabilisent : c’est la néophobie alimentaire, une phase normale et variable d’un enfant à l’autre. Pour la limiter, la clé est d’ouvrir tôt le répertoire alimentaire de l’enfant, en lui proposant une multitude de plats dès son plus jeune âge.

Le déroulement du repas

Un moment de partage, pas une distraction

Nommer les aliments, les décrire, en parler suscite l’intérêt de l’enfant. La télévision ou les jeux pendant le repas empêchent ce dialogue et cette éducation au goût.

Respecter le rythme de chacun

Certains enfants mangent vite, d’autres plus lentement — inutile de les presser. Parler de la texture, de la couleur ou de l’odeur des aliments donne du sens au repas.

Mon enfant met les mains dans son assiette

Cette étape est essentielle : la découverte des aliments passe aussi par les yeux et le toucher, pas seulement par le goût. C’est une étape préalable naturelle avant la cuillère. Laisser une cuillère dans la main du bébé qui montre l’envie de la tenir favorise son autonomie : par imitation, il finira par la porter lui-même à sa bouche. Lorsque cette envie de faire seul n’est pas écoutée, l’enfant peut entrer dans le refus.

En résumé

L’alimentation du jeune enfant s’appuie sur des repères de quantités par âge, mais surtout sur un climat serein : respecter son appétit, son rythme, et en faire un moment de plaisir partagé plutôt qu’un rapport de force.

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