La morsure

Nos conseils Mis à jour le 27 juillet 2026 · Lecture : 11 min

La morsure fait partie des problématiques que l’on rencontre de manière quasi inévitable en crèche. Qu’il s’agisse de l’enfant qui mord ou de celui mordu, cela soulève toujours la même question : « pourquoi mord-il ? »

Les enfants « mordent la vie à pleines dents ». La morsure fait partie d’une période normale de leur développement, même si tous les enfants ne mordent pas. La bouche est très utilisée de la naissance à deux ans environ : elle est un moyen de découvrir et de comprendre l’environnement, les objets, les autres.

Pourquoi les jeunes enfants mordent-ils ?

La morsure est un acte impulsif, que l’enfant ne maîtrise pas. Elle peut traduire différentes choses selon le contexte : un acte d’attaque, de défense, ou même d’amour.

Il a mal aux dents

En période de poussée dentaire, mordre soulage la douleur des gencives — à défaut d’avoir autre chose « sous la dent », un bras qui passe peut faire l’affaire.

Il aime

La morsure peut être un acte d’amour : certains bébés mordent leurs parents pour les « manger d’amour », comme on dirait « tu es à croquer » — sauf que pour lui, ce n’est pas imagé, c’est bien concret.

Il n’a pas encore le langage

N’ayant pas les mots, l’enfant utilise son corps pour dire son désaccord ou sa frustration. Les morsures s’atténuent souvent lorsque l’enfant acquiert le langage.

Il veut le jouet d’un autre enfant

Pris par l’émotion et sans langage, l’enfant agit par le corps — pousser, taper, ou mordre — pour obtenir ce qu’il veut.

Il a besoin d’une attention particulière

Un déménagement, l’arrivée d’un petit frère, un parent qui s’absente… peuvent générer un sentiment d’insécurité. Mordre devient alors une façon de solliciter le regard de l’adulte.

Il est pris par une pulsion

Face à une frustration (contraintes de temps, d’espace, relations avec les autres), l’enfant est submergé et réagit brutalement, sans pouvoir se contrôler.

Comment réagir ?

Un enfant qui mord ne veut absolument pas dire qu’il est mauvais ou « violent ». Seul son acte est répréhensible. Il est essentiel de ne pas le stigmatiser comme « l’enfant mordeur » : plus il sera qualifié ainsi, plus il risque de s’enfermer dans ce comportement. C’est en l’accompagnant, et non en le réprimant, qu’il pourra apprendre à gérer et contrôler ses émotions autrement.

Idée reçue à éviter

Mordre l’enfant en retour pour lui « montrer que ça fait mal » est une erreur : l’adulte est le modèle de l’enfant, qui imite ceux qui s’occupent de lui. Le mordre en retour lui montre au contraire que c’est un moyen acceptable de régler un problème — même si on lui dit le contraire, l’enfant retient surtout les actes.

Il ne sert à rien de stigmatiser, exclure ou gronder l’enfant mordeur. Il a tout autant besoin d’être consolé que l’enfant mordu : cette action le dépasse souvent, et il n’a pas conscience du mal qu’il fait. Le rôle de l’adulte est de signifier à l’enfant qu’il a le droit d’être en colère, mais qu’il n’a pas le droit de faire mal aux autres — en verbalisant, en émettant des hypothèses sur ce qui l’a amené à mordre, et en cherchant des moyens pour qu’il agisse autrement.

Avoir une attitude bienveillante, et non de rejet

Garder son calme

Prendre du recul, réagir sans violence, verbaliser même si la situation se répète.

Rester disponible

Pour un enfant qui mord souvent, une présence adulte accrue pendant une période peut l’aider à se sentir suffisamment sécurisé et considéré.

Proposer un objet à mordre

Un objet ou une peluche destinés à être mordus permettent d’évacuer les tensions et frustrations autrement.

Les morsures ne sont que passagères, et durent plus ou moins longtemps selon l’accompagnement proposé. Toutes ne s’expliquent pas de la même manière : c’est une réflexion en équipe, au cas par cas, car tous les enfants n’ont pas les mêmes besoins et « raisons » de mordre.

Parents-professionnels : un dialogue nécessaire

La réaction des parents (mordeur ou mordu) peut être vive, et cela se comprend : il est difficile de voir son enfant marqué par une morsure, ou de savoir que son enfant mord. Lorsque les morsures sont trop nombreuses, elles incitent aussi les professionnels à une remise en question sur l’aménagement de l’espace, les jeux proposés, l’organisation du quotidien.

Le dialogue reste la clé

Il est important pour les familles de pouvoir exprimer leur ressenti, et tout aussi important pour les professionnels de susciter l’échange sans culpabiliser. Quand ce dialogue se crée, la confiance reste intacte, et les solutions se trouvent ensemble — parfois, le simple fait d’en parler résout naturellement la situation, car l’enfant sent qu’il est pris en considération.

Questions fréquentes

Pourquoi mon enfant mord-il les autres enfants ?

La morsure est un acte impulsif que l’enfant ne maîtrise pas encore. Elle peut traduire une douleur dentaire, un acte d’amour, un manque de mots pour s’exprimer, un conflit autour d’un jouet, un besoin d’attention, ou simplement une pulsion incontrôlée face à une frustration.

Faut-il mordre un enfant en retour pour lui apprendre que ça fait mal ?

Non, c’est une erreur : l’adulte est le modèle de l’enfant. Le mordre en retour lui montre que c’est un moyen acceptable de régler un problème, ce qui est contradictoire avec l’interdit qu’on cherche à poser.

Comment réagir face à un enfant qui mord souvent ?

Rester calme, verbaliser la situation sans stigmatiser l’enfant comme « mordeur », et chercher ce qui se cache derrière ce comportement répété : un besoin d’attention, un changement de vie, ou une frustration non exprimée. Proposer un objet destiné à être mordu peut aussi aider.

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