Les problématiques liées au sommeil (difficultés d’endormissement, réveils nocturnes)

Sommeil Mis à jour le 27 juillet 2026 · Lecture : 13 min

Souvent, nous sommes face à vos questions concernant le sommeil de votre enfant. Entre celui qui a du mal à s’endormir, qui a besoin de vos bras, et celui qui se réveille plusieurs fois dans la nuit — d’où cela peut-il venir ? Pourquoi votre enfant ne dort-il pas « bien » ? Fait-il des cauchemars ?

Il nous est parfois difficile de répondre à vos questions, car nous ne pouvons pas observer votre enfant la nuit, et nous n’avons pas tout le contexte qui va avec. Nos connaissances et notre expérience nous permettent néanmoins d’émettre quelques hypothèses. À vous de voir ensuite laquelle peut correspondre à votre enfant.

Les difficultés d’endormissement

S’endormir pour le tout-petit n’est pas facile : cela représente pour lui une séparation, source d’angoisse.

Pour un bébé, se laisser aller au sommeil, c’est aller vers l’inconnu. Cela peut provoquer des pleurs et un besoin de présence. L’enfant ne peut s’endormir sereinement qu’une fois suffisamment sécure dans son environnement, et confiant vis-à-vis des personnes qui s’occupent de lui.

Votre bébé était serein, s’endormait sans problème — puis vient un moment où il a du mal. Pourquoi ? Il peut être douloureux (poussées dentaires, maux de ventre), malade ou fiévreux (toux, nez pris) : dans ces cas, il a sûrement besoin de vous pour l’aider à s’endormir et le réconforter, de manière transitoire.

Il peut aussi être à un âge où dormir ne « l’intéresse pas » : certains enfants s’agitent dans leur lit (se mettent debout, assis) parce qu’ils grandissent et découvrent leurs nouvelles capacités motrices — le lit devient alors source d’exploration. Ici, pas grand-chose à faire, à part le laisser faire ses expériences un temps, avant que la fatigue n’ait raison de lui.

Le moindre changement peut avoir des incidences sur l’endormissement : un meuble déplacé, un nouveau lit, mais aussi des bouleversements plus importants (naissance d’un frère ou d’une sœur, déménagement, changement professionnel d’un parent, maladie ou décès d’un proche). L’enfant est une « éponge émotionnelle » et ressent tout ce que vous ressentez. Mettre des mots sur vos émotions et les siennes peut l’aider à mieux apprivoiser ces changements — de nombreux livres enfantins peuvent aussi servir de support pour les expliquer.

Les causes possibles de réveils nocturnes

La faim

Peut-être n’a-t-il pas mangé le soir, ou pas suffisamment.

La douleur

Poussées dentaires, maux de ventre.

La maladie

Fièvre, gêne respiratoire, toux.

Les angoisses

Craintes liées au sommeil, insécurisation générale ou changements dans sa vie ou celle de sa famille.

Les rêves et cauchemars

Ils peuvent perturber le sommeil de l’enfant, voir la section dédiée ci-dessous.

Zoom sur les rêves et cauchemars

À partir de quel âge ?

Dès les premiers mois

Les nourrissons ont des images mentales, des sensations — pas encore des rêves à proprement parler qui racontent une histoire.

18 mois – 2 ans

L’imaginaire se développe, et les rêves aussi.

3 à 6 ans

Les cauchemars peuvent être fréquents, car l’imaginaire tient une grande place et l’enfant a du mal à différencier le réel de l’imaginaire.

Que représentent les rêves ?

Les rêves et cauchemars sont l’expression des émotions de la journée, pour l’adulte comme pour l’enfant. Le sommeil ne nous répare pas seulement physiquement, mais aussi psychologiquement et émotionnellement.

« Les rêves protègent notre sommeil. »

— Sigmund Freud

Lorsque nous dormons, nos défenses se relâchent, et les angoisses refoulées facilement la journée resurgissent la nuit. L’enfant est confronté au quotidien à des interdits et des règles (le « principe de réalité ») qui le freinent dans son « principe de toute-puissance ». Toutes les inquiétudes, frustrations, peurs et tristesses vécues dans la journée ressurgissent la nuit, pour être « métabolisées » par le psychisme — une véritable « digestion » émotionnelle.

Comment affronter ces cauchemars ?

Les cauchemars sont inévitables, et même nécessaires : ils permettent à l’enfant de se « réparer » émotionnellement, de régler des conflits internes (un enfant jaloux peut ainsi « éliminer » en rêve le petit frère qui le gêne). Notre rôle est de l’accompagner, pour qu’il puisse raconter ses rêves et différencier réalité et imaginaire — sans pour autant le couper de tout monde imaginaire (sorcières, monstres, loups…). C’est au contraire grâce à eux que l’enfant canalise ses émotions et ses pulsions.

Il ne faut pas minimiser les peurs de l’enfant : elles sont réelles pour lui. Le rassurer suffit généralement pour qu’il se rendorme après un cauchemar ; en reparler le lendemain matin permet de le sécuriser davantage. Pour l’aider à appréhender ses peurs (des monstres par exemple), il est aussi possible d’en « jouer » : imaginer des scénarios où c’est lui l’acteur du dénouement de l’histoire.

Comment réagir face aux difficultés d’endormissement et aux réveils nocturnes ?

Faut-il le laisser pleurer ? Est-ce « mal » de le prendre avec soi dans son lit ? Les avis divergent entre pédiatres, forums et professionnels de la petite enfance. Nous n’avons pas de « recette miracle », mais voici quelques pistes.

Faut-il laisser pleurer un enfant la nuit ?

Beaucoup de parents pensent que leur enfant réclame un biberon parce qu’il a faim — c’est possible pour un tout petit bébé, mais pas pour les plus grands : la nuit, l’enfant ne devrait pas manger. Il se cache souvent derrière ces pleurs nocturnes un autre besoin, qu’il s’agit d’identifier pour y répondre de manière adaptée.

Un enfant qui pleure émet une demande ou un besoin : ne pas ignorer cet appel, au risque de créer des traumatismes. Le laisser pleurer seul, sans le rassurer, risque de l’enfermer dans ses angoisses et d’en créer d’autres (angoisse de l’abandon) — avec le risque que cela se reproduise et s’amplifie chaque nuit.

L’important, c’est de le rassurer : par la parole, en verbalisant même s’il semble trop « petit » pour comprendre. Le bébé peut avoir besoin que l’adulte reste avec lui au départ. Progressivement, l’adulte reste moins longtemps, le laisse se rendormir seul, puis y retourne plusieurs fois pour le rassurer de sa présence dans la pièce d’à côté. À force de répétition, l’enfant appréhende l’absence/présence et comprend que son parent est à côté, sans pouvoir rester avec lui en permanence. C’est un accompagnement qui demande du temps et de la patience, mais qui porte ses fruits.

Faut-il le prendre dans son lit lorsqu’il pleure ?

De manière ponctuelle (par exemple lorsqu’il est malade), cela n’a pas d’impact. Mais si dormir avec vous devient un « besoin » régulier pour votre enfant, cela peut poser problème, notamment pour votre vie de couple. De manière exceptionnelle, pourquoi pas — mais cela doit rester ponctuel : dormir dans votre lit chaque nuit n’est pas la solution.

Les rituels d’endormissement

Les rituels sont ces petites choses effectuées à chaque fois, de la même manière : ils constituent un repère pour l’enfant et contribuent à le rassurer. Voici des exemples que vous nous avez transmis, ou que nous avons testés à la crèche pour les siestes :

Une chanson ou une histoire Une petite musique douce Un câlin, un bisou, « au dodo » Brossage de dents, pipi, au lit Une veilleuse allumée par l’enfant Une peluche qui « fait la police » Un livre emporté au lit
Tout rituel est bon à prendre, à partir du moment où il est accepté par l’enfant et qu’il fonctionne. Attention cependant à ne pas l’oublier ou ne le faire que ponctuellement : il perdrait alors sa valeur de repère rassurant.

En résumé

Le sommeil reste une grande préoccupation des familles, et un enfant qui ne dort pas bien la nuit peut voir sa journée impactée. N’hésitez pas à échanger avec les professionnelles de la micro-crèche si vous rencontrez des difficultés avec votre enfant la nuit : nous sommes là pour vous accompagner, vous soutenir dans vos démarches, et surtout vous écouter.

Questions fréquentes

Faut-il laisser pleurer un enfant la nuit ?

Non. Un enfant qui pleure exprime une demande ou un besoin qu’il ne faut pas ignorer, au risque de créer des angoisses d’abandon. Mieux vaut le rassurer par un accompagnement progressif : rester avec lui au début, puis s’éloigner peu à peu tout en continuant à le rassurer par la parole.

Faut-il prendre son enfant dans son lit quand il pleure la nuit ?

De manière exceptionnelle et ponctuelle (par exemple en cas de maladie), cela n’a pas d’impact. Mais si cela devient un besoin régulier pour l’enfant, ce n’est pas une solution durable à privilégier.

À quel âge un enfant commence-t-il à faire des cauchemars ?

C’est à partir de 18 mois-2 ans que l’imaginaire se développe et que les rêves apparaissent. Entre 3 et 6 ans, les cauchemars peuvent être fréquents car l’enfant a du mal à différencier le réel de l’imaginaire.

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